Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic (FNEEQ-CSN)

Campagne pour freiner le recrutement militaire dans les institutions scolaires québécoises

dimanche 27 septembre 2009 par André Vincent

Aujourd’hui, les organisations membres de la Coalition contre le recrutement militaire dans les établissements d’enseignement du Québec, soit le Centre des ressources sur la non-violence, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), s’unissent en conférence de presse pour dénoncer les pratiques de recrutement de l’Armée canadienne dans les écoles secondaires, les cégeps et les universités du Québec.

En effet, la campagne de recrutement en cours vise à recruter la jeunesse pour augmenter la taille de l’armée de près de 20 % sur cinq ans. Les écoles, du niveau secondaire jusqu’à l’université, sont au cœur de cette entreprise colossale. « Pour ce faire, les recruteurs de la réserve tiennent des kiosques dans les écoles secondaires, les cégeps et les universités. C’est très préoccupant de constater que l’armée recrute, au sein de nos établissements, des jeunes qui n’ont pas encore atteint l’âge de la majorité », ont déclaré les représentants de la Coalition.

La CSQ a déjà entamé sa campagne Faites l’école, pas la guerre !, qui consiste notamment à sensibiliser les jeunes du secondaire aux dessous d’une carrière dans l’armée et à freiner la présence des recruteurs dans les établissements scolaires. « Nous croyons que les écoles secondaires ne doivent pas constituer des lieux d’embrigadement pour l’armée. Pourtant, du recrutement, il y en a partout, dans toutes les régions du Québec, surtout auprès des jeunes des milieux défavorisés ! », affirme Mario Beauchemin, porte-parole de la CSQ.

« De plus, les pratiques de recrutement sont fallacieuses. Contrairement à ce qui est dit, les soldats n’ont pas comme rôle d’effectuer des missions humanitaires, mais plutôt de procéder à des missions offensives. Travailler pour la paix n’implique pas d’apprendre à utiliser des armes, mais bien à développer des réflexes pacifiques permettant de prévenir les conflits. C’est ce à quoi travaille notre réseau des Établissements verts Brundtland (EVB-CSQ), en prônant des valeurs telles que l’écologie, le pacifisme, la solidarité et la démocratie », ajoute Mario Beauchemin.

Mentionnons qu’une lettre, signée par la présidence de la CSQ, a été envoyée au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), à la Fédération des cégeps, à la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), à l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) ainsi qu’à la Conférence en éducation des Premières Nations, leur demandant d’appuyer ses actions.

La campagne de recrutement de l’armée est motivée par la guerre en Afghanistan, une guerre illégale en vertu du droit international. Cette guerre est menée contre la volonté de la population canadienne et québécoise. Ironiquement, la démocratie que nos militaires prétendent vouloir implanter en Afghanistan semble faire défaut ici même. « Il est totalement inapproprié de permettre que nos établissements d’enseignement soient exploités par l’Armée canadienne pour faire la promotion de l’engagement dans un tel conflit », dénonce Micheline Thibodeau, vice-présidente de la FNEEQ-CSN.

« Ce qui est scandaleux, c’est que l’Armée canadienne profite de la situation précaire de certains étudiants pour atteindre leurs objectifs de recrutement », déclare Xavier Lefebvre-Boucher, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). En effet, une carrière militaire peut paraître particulièrement attirante pour les 6 000 à 13 000 étudiants qui n’auront plus accès à l’éducation universitaire à la fin du dégel des frais de scolarité. Il faut d’ailleurs rappeler, à cet effet, que l’Armée canadienne finance jusqu’à 50 % des frais de scolarité pour les réservistes, et 100 % pour les forces régulières.

Les recruteurs tentent effectivement de profiter de l’augmentation des frais de scolarité pour offrir une éducation subventionnée aux étudiantes et étudiants qui croulent sous les dettes. Pour l’Association pour une solidarité étudiante (ASSÉ), s’opposer au recrutement militaire dans les établissements d’enseignement est un moyen de manifester l’opposition étudiante au déséquilibre des ressources entre les secteurs de l’éducation et de la guerre. « L’éducation doit être accessible à tous, et personne ne devrait avoir à s’enrôler dans l’armée pour pouvoir étudier. Nous revendiquons du financement pour l’éducation, pas pour les guerres d’occupation ! », affirme Alex Desrochers, secrétaire aux relations internes de l’ASSÉ.

« Tout au cours de l’année scolaire, nos organisations continueront à alimenter, dans leur milieu, une campagne d’opposition au recrutement que mène actuellement l’Armée canadienne, la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale », ont conclu les porte-parole de la Coalition contre le recrutement militaire dans les établissements d’enseignement du Québec.


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