Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic (FNEEQ-CSN)

Les profs appuient les revendications étudiantes

mardi 22 mars 2005

À l’occasion de l’appel lancé par les fédérations étudiantes du collégial et des universités afin de renforcer le mouvement de grève étudiante contre les coupes de 103 M $ dans le régime actuel des bourses d’étude, le Syndicat du personnel enseignant du collège Ahuntsic joint sa voix à celle de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et des autres organisations syndicales du Québec pour réitérer son appui à la lutte étudiante.

Depuis 40 ans, il s’est forgé au Québec un solide consensus à l’effet que l’éducation constitue non seulement un droit fondamental, mais un investissement social essentiel au développement de notre société. En conséquence, tout obstacle érigé pouvant avoir comme conséquence de restreindre l’accessibilité aux études et plus particulièrement aux études supérieures, constitue une mesure rétrograde allant à l’encontre du bien commun.

La coupe de 103 M $ ajoute un nouvel obstacle à l’accès à l’éducation et plus pernicieux encore, elle cible les plus démunis parmi les étudiants, brisant ainsi un autre consensus social visant à favoriser l’accès à l’éducation au plus grand nombre, quelque soit leur origine familial, économique, social ou ethnique.

Les déclarations du premier ministre et du ministre de l’éducation à l’effet que l’État n’a plus les moyens de supporter adéquatement les étudiants dans la poursuite de leur études ne tient pas la route alors qu’il s’apprête à priver l’état de 500 M $ de revenus en abaissant les impôts et qu’il est incapable, dans le cadre fédératif actuel, de récupérer les milliards de surplus accumulés par son grand frère fédéral, surplus accumulés sur le dos de la caisse d’assurance emploi en grande partie financée par les travailleurs et les travailleuses.

Nous soutenons aussi la position des étudiants qui affirment que la levée de la coupure de 103 M $ au régime de bourses aux étudiants (décrétée unilatéralement et sans consultation ou négociation) constitue un préalable à toute négociation entre les étudiants et le ministre quant aux autres revendications que formulent les étudiants, notamment quant aux frais de scolarité. Car en effet, le 103 M $ n’est pas la seule revendication des étudiants.

L’enseignement supérieur au Québec et plus particulièrement l’enseignement collégial qui est totalement dépendant du support financier de l’état (contrairement aux autres ordres d’enseignement qui ont d’autres sources de revenus) a besoin d’un réinvestissement majeur afin de maintenir la qualité de l’enseignement et inciter les jeunes à poursuivre leurs études.

Les enseignants du collégial qui sont présentement en négociation du renouvellement de leur convention collective échue depuis près de tois ans ont formulé plusieurs propositions allant dans la direction desoutenir et d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur au Québec. Mais encore faut-il que les ressources nécessaires soient allouées. On peut facilement imaginer ce qu’il adviendra de ces demandes si le ministre s’entête à maintenir sa coupure de 103 M $ à l’aide aux étudiants.

Nous demandons au nouveau au ministre de l’Éducation de corriger l’endettement supplémentaire occasionnée par cette mesure qui n’est pas propice à favoriser l’accès du plus grand nombre aux études supérieures.

Par ailleurs, en ce qui concerne les menaces du ministre d’annuler la session en cours, nous nous inquiétons des propos irresponsables pris par ce dernier, démontrant une ignorance quant aux pratiques dans le réseau collégial en de telles circonstances.

Nous rappelons que les enseignantes et les enseignants sont tout à fait conscients de la nécessité de rencontrer les objectifs pédagogiques et qu’ils agiront avec tout le professionnalisme que leur fonction exige. Ils ont la responsabilité de s’assurer que les étudiantes et les étudiants reçoivent une formation de qualité, qui rencontre les exigences pédagogiques et favorise leur réussite. Il n’est donc pas question de décerner des diplômes à rabais, ni de pénaliser les étudiants qui pour nombre d’entre eux ont exprimé de façon exemplaire, souvent pour la première fois de leurs vie, leur participation à la vie citoyenne et à la défense du bien commun.

Le ministre doit trouver une solution satisfaisante pour les étudiantes et les étudiants et s’il laisse la situation s’éterniser, il devra en assumer la responsabilité.


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