Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic (FNEEQ-CSN)
INFO-RREGOP

Mauvais rendements du RREGOP : le régime de retraite, bien que malmené, n’est pas en péril

mardi 28 avril 2009 par André Vincent

Le 11 mars 2009, les cotisants au Régime de retraite des

employé-es du gouvernement et des organismes publics

(RREGOP) ont reçu un rapport détaillé du mauvais

rendement de notre régime de retraite pour l’année 2008. La

valeur de la caisse des salarié-es du RREGOP a dégringolé

de 25,7 %. Nous nous attendions à de tels résultats, compte

tenu que notre régime est géré par la Caisse de dépôt et

placement du Québec (CDPQ) dont les pertes faramineuses

avaient été dévoilées quelques semaines auparavant.

Or, bien que le rendement de notre régime soit négatif, il

demeure solvable et les bénéfices actuels ne sont pas remis

en question. Cela, en raison de la politique de gestion

prudente de notre régime qui a permis d’atteindre des

rendements satisfaisants au cours des 20 dernières années.

Nous devons toutefois nous assurer de faire la lumière

sur la gestion de la CDPQ, ainsi que sur certaines de ses

décisions qui ont eu comme effet d’alourdir les pertes.

Nous devons surtout nous assurer que la Caisse effectue les

changements qui s’imposent dans la gestion des sommes

que nous lui confions.

Le RREGOP, toujours en mesure

de faire face à ses obligations

Malgré ce portrait inquiétant, soulignons d’abord que le

régime n’est pas en péril. Les retraités actuels et futurs

recevront les prestations auxquelles ils ont droit. Par ailleurs,

nous entendons maintenir notre politique de placement à

long terme, une politique prudente qui permet aujourd’hui de

traverser cette crise sans impact négatif sur les prestataires

du régime. En effet, le rendement annuel moyen de la

caisse des salarié-es cotisants au RREGOP au cours des 20

dernières années, incluant 2008, s’établit à 7,76 %, ce qui

correspond aux projections actuarielles faites dans le passé.

Ce rendement est suffisant pour remplir les obligations du

régime.

Par ailleurs, une grande partie de ce rendement négatif de

2008, qui est inscrite au bilan financier du RREGOP, l’est

à titre de « provisions pour pertes éventuelles ». Il s’agit de

pertes aux livres mais qui ne sont pas matérialisées. Cela

signifie donc que la valeur actuelle des actifs a été évaluée

en supposant une vente immédiate de ceux-ci, soit dans

un marché financier en crise. Or, si ces actifs sont vendus

ultérieurement, alors que le marché sera plus opportun, on

peut s’attendre à ce que leur valeur de revente soit plus

avantageuse.

L’impact sur les cotisations

La prochaine évaluation actuarielle du RREGOP sur

la base des données arrêtées au 31 décembre 2008 sera

disponible à l’automne 2009. Évidemment, celle- ci

coïncide avec la période historique de 2008. Cette

évaluation sert à fixer le taux de cotisation qui sera en

vigueur à compter du 1er janvier 2011.

Heureusement, depuis un certain temps déjà, la CSN et

ses partenaires syndicaux évaluent avec le gouvernement

la pertinence de modifier la formule de financement

du régime. Dans ce cadre, les organisations syndicales

mettent en avant une formule qui consiste à échelonner

les variations du taux de cotisation sur une plus longue

période, ce qui permettrait une variation plus graduelle et

limiterait l’écart entre les hausses et les baisses du taux de

cotisation. Nous visons une entente avec le gouvernement

sur cette nouvelle formule

d’ici la prochaine évaluation

actuarielle. Nous souhaitons

que cela fasse l’objet de

négociations prioritaires

dès ce printemps.

QUE S’EST-IL PASSÉ ? UNE PERTE DE VALEUR EN DEUX TEMPS

L’analyse du rendement négatif de -25,7 % du REGGOP

doit se faire en distinguant deux volets de la stratégie de

gestion de placement. Le premier concerne le rendement

de notre portefeuille de placements, qui se situe autour de -19,4 % pour l’année 2008. On peut dire que ce résultat est

attribuable à la politique de placement appliquée par notre

comité de retraite. Celle-ci résulte de discussions que notre

comité a tenu avec la CDPQ et à partir de laquelle les choix

de placements ont été déterminés. Un tel rendement négatif

de nos placements se compare à celui obtenu dans tous

les autres régimes de retraite et découle d’une tourmente

financière qui n’a épargné personne. Cependant, face à ces

mauvais rendements, les organisations syndicales membres

du RREGOP reconnaissent leur part de responsabilité à

titre d’architectes de cette politique de placement.

Et la Caisse de dépôt et placement du Québec

dans tout ça ?

Le deuxième volet concerne directement la CDPQ et

suscite, quant à lui, de nombreuses interrogations. En effet,

notre caisse accuse une perte supplémentaire de 6,6 %,

attribuable à la « gestion active » menée par la CDPQ.

Il s’agit de choix plus spéculatifs effectués au quotidien

par la CDPQ, sans que nous en soyons consultés, et dans

l’objectif ultime de bonifier le rendement des portefeuilles

de placements qui lui sont confiés.

Ainsi, les mauvaises décisions financières de la CDPQ,

notamment l’acquisition en quantité astronomique des

« papiers commerciaux adossés à des actifs », les fameux

PCAA, dont la valeur a fondu comme neige au soleil,

ont empiré le mauvais rendement de notre caisse. Ces

placements à haut niveau de risque représentent l’achat

d’actifs provenant de prêteurs de produits tels que des

hypothèques, des prêts automobiles et des cartes de crédit ;

bref ce sont des titres qui ne reposent pas sur des actifs

tangibles. De plus, les activités de répartition de l’actif

de la Caisse, activités encore plus spéculatives, se sont

avérées cette fois-ci extrêmement contre-productives.

Enfin, la CDPQ détient une partie non négligeable de ses

investissements immobiliers à l’étranger ; leur valeur s’est

plus fortement dépréciée que celle des investissements

immobiliers réalisés ici.

Intervenir à la CDPQ

Conclusion : des décisions ayant un effet négatif sur le

rendement de nos placements ont été prises sans avoir

fait l’objet de discussions préalables avec nous. Nous

interviendrons sous peu auprès de la CDPQ afin d’éviter

qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir.

Ces résultats désastreux nous interpellent profondément et

nous obligent à faire des choix à différents niveaux. Dans

le cas de la Caisse de dépôt, dont nous sommes les plus

importants déposants, nous entendons prendre des mesures

drastiques pour éviter de subir des pertes trop importantes

par rapport à celles qu’aurait engendré une gestion

strictement indicielle de nos actifs.

Nous reverrons donc en détails avec la CDPQ la gestion

de nos dix-sept portefeuilles spécialisés. De plus, nous

entendons solliciter l’avis d’experts internes et externes

pour évaluer plus en profondeur ces résultats, identifier

les causes des pertes et proposer des changements s’il

y a lieu. Finalement, nous comptons intensifier nos

représentations auprès de la CDPQ afin que la gestion de

risque de nos portefeuilles de placement soit améliorée

significativement.

Voir en ligne : secteurpublic.info

titre documents joints

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28 mars 2009
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