Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic (FNEEQ-CSN)
Élections fédérales 2008

Non aux politiques conservatrices !

mercredi 1er octobre 2008

Position adoptée le 1er octobre 2008, lors de l’assemblée générale du conseil central du Montréal métropolitain (CCMM) de la CSN face au danger que représente l’élection d’un gouvernement conservateur.

Le 14 octobre prochain, nous serons appelés aux urnes pour élire le prochain

gouvernement fédéral, et ce, à peine deux ans après l’élection d’un gouvernement

conservateur minoritaire. Pourtant, malgré ce qu’il prétend, ce gouvernement aura réussi

à gouverner comme s’il était majoritaire.

Le fait d’être minoritaire ne l’aura pas empêché d’adopter un certain nombre de

politiques de droite, dont son engagement à réduire le rôle de l’État et à laisser ainsi le

soin au marché de se réguler lui-même. Sa politique vise également à réduire l’aide

gouvernementale. On l’a vu, entre autres, avec les compressions dans la culture, dans les

organismes à but non lucratif qui agissent en développement économique, ainsi que dans

les organismes de défense des droits, comme en condition féminine.

De plus, c’est un gouvernement proche de la droite religieuse. On a pu le constater

lorsque celle-ci a donné son appui au dépôt du projet de loi privé de Ken Epp, député

conservateur d’Edmonton-Sherwood Park, et appuyé par le chef Stephen Harper, projet

de loi qui vise à accorder un statut juridique au foetus, relançant ainsi le débat sur le droit

à l’avortement.

Nous sommes en présence d’un parti qui bafoue la démocratie. La décision du

gouvernement de déclencher les élections à ce moment-ci, alors que cette même décision

va à l’encontre de sa propre loi sur les élections à date fixe, n’en est qu’un exemple.

Selon lui, cette élection était devenue nécessaire à cause de son incapacité de gouverner

en étant minoritaire. Pourtant, au lendemain du déclenchement des élections, Harper se

disait prêt à former un autre gouvernement minoritaire, tout en gouvernant comme s’il

était majoritaire, en faisant de chaque question débattue à la Chambre des communes, une

question de confiance.

Sa campagne de dénigrement faite à l’encontre du Bloc québécois est une autre façon de

mépriser la démocratie. Le lancement d’un véhicule publicitaire devant le local électoral

du chef du Bloc en est un autre exemple. Comment un ministre peut-il se permettre de

déclarer que la présence des députés d’un parti politique à Ottawa est de l’argent gaspillé

et affirmer que ce parti n’est pas utile. Il est d’autant plus paradoxal que ce message soit

porté par Michael Fortier, ex-sénateur, nommé ministre sans avoir été élu et qui a

toujours refusé de se présenter lors des élections partielles. Que l’on soit pour ou contre le

Bloc québécois, un tel geste porte atteinte à l’intelligence des électeurs et des électrices

du Québec.

Les sondages nous indiquent que, si la tendance se maintient, on s’achemine vers

l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire. Quand on regarde le bilan de son

dernier mandat alors qu’il était minoritaire, cette perspective a de quoi inquiéter :

  • Prolongation de la guerre en Afghanistan ;
  • Coupure de subventions :
    • Au groupes de femmes en défense des droits ;
    • Dans la culture ;
    • OBNL en développement économique ;
  • Obsession pour la sécurité :
    • Refus de rapatrier Omar Kadr ;
    • Reconduction des certificats de sécurité ( Adil Charkaoui) ;
  • Non-respect du Protocole de Kyoto ;
  • Liens privilégiés avec les pétrolières, etc.

Imaginons ce que ce sera si les conservateurs sont élus majoritaires. Ne pensons qu’à leur

promesse de modifier la loi pour les jeunes contrevenants, où un jeune pourrait être

emprisonné à vie (25 ans) à compter de 14 ans.

Les enjeux sont graves. L’élection d’un gouvernement conservateur accentuera la mise en

application de politiques de droite et, par conséquent, on verra un grand nombre d’acquis

sociaux remis en question. Cette montée des idées de droite nous démontre l’importance

de faire de l’éducation politique, et pas seulement en période électorale. Notre action en

est indissociable. Toutefois, entre temps, nous devons prendre position dans le cadre de

cette élection. Ainsi, la CSN, lors du conseil confédéral des 17, 18 et 19 septembre

dernier, a adopté la proposition suivante :

  1. Attendu le bilan que fait la CSN du gouvernement conservateur du Canada ;

Attendu le mode de scrutin actuel, uninominal à un tour, ne permettant pas de refléter le vote populaire en l’absence d’une dimension proportionnelle ;

La CSN invite les membres de ses syndicats affiliés et la population

québécoise en général à voter le 14 octobre prochain pour la candidate ou

le candidat le plus en mesure d’empêcher l’élection d’un candidat

conservateur.

  1. Attendu la position du congrès de la CSN sur l’action politique qui favorise

l’implication sur le plan politique des militantes et militants ainsi que des

salarié-es du mouvement ;

La CSN invite les membres de ses syndicats affiliés à s’impliquer

activement dans la présente campagne électorale dans les comtés et sur

toutes les tribunes qui leur sont offertes.

  1. Que la CSN fasse connaître sa réflexion dans la présente campagne

électorale par les moyens d’information et de communication appropriés

et invite ses organisations affiliées à la diffuser dans le cadre de leurs

champs d’intervention respectifs.

  1. Attendu que voter est un geste fondamental de notre démocratie ;

La CSN invite tous les membres de ses syndicats affiliés à exercer leur

droit de vote le 14 octobre 2008.

Au conseil central, nous partageons la même analyse et nous sommes d’avis que tout doit

être mis en oeuvre pour battre les conservateurs au Québec. Selon notre mode de scrutin,

l’élection doit se gagner comté par comté. C’est dans ce cadre que les forces en présence

doivent être évaluées.

Encore une fois, nous pouvons constater à quel point notre mode de scrutin est loin de

donner des résultats reflétant la volonté populaire. Si l’on se fie aux sondages, les

conservateurs obtiendraient actuellement un gouvernement majoritaire avec 40 % des

voix, alors que 60 % des citoyens sont contre eux et contre leurs idées de droite. De plus,

même la proposition du NPD, invitant les autres partis à se coaliser avec lui pour former

le gouvernement, nous apparaît comme une difficile entreprise avec le mode de scrutin

actuel, puisque c’est le nombre de comtés gagnés qui détermine le gagnant et non la

volonté populaire exprimée dans une proportionnelle. De fait, si les conservateurs sont

réélus minoritaires, la loi électorale indique que c’est le parti qui a obtenu le plus de

comtés qui formera le gouvernement, la formation d’un gouvernement de coalition

n’étant, semble-t-il, pas permis.

Malheureusement, nous sommes condamnés au vote stratégique. Dans ce cas, nous

sommes dans l’obligation d’évaluer comté par comté qui a le plus de chance de battre les

conservateurs.

Bien que sur l’île de Montréal les conservateurs aient peu de chance de faire des percées,

il pourrait en est autrement dans certains coins du « 450 » où, lors de la dernière élection

provinciale, l’ADQ a fait des percées. Cela a constitué un terreau fertile pour les

conservateurs. Comme plusieurs de nos membres sont dans ces comtés, il est important

de les sensibiliser aux enjeux de cette élection.

C’est pourquoi, nous allons de l’avant avec la proposition du conseil confédéral de la

CSN. Nous avons mis et nous continuerons de mettre toutes les énergies nécessaires pour

faire reculer les conservateurs.

Nous travaillons en coalition avec les autres organisations syndicales, les artistes, les

groupes populaires et communautaires à l’organisation d’une manifestation le 5 octobre

prochain pour dénoncer les politiques conservatrices. Nous travaillons également avec le

Comité national des chômeuses et chômeurs dans le cadre de la campagne d’affichage

portant sur l’assurance emploi. Nous mettons tout en oeuvre pour que notre travail porte

fruits.

Recommandation

Que le Conseil central du Montréal métropolitain (CSN) :

  • invite les membres de ses syndicats affiliés à exercer leur droit de vote le 14 octobre ;
  • invite les membres de ses syndicats affiliés et la population québécoise en général, à voter le 14 octobre prochain pour la candidate ou le candidat le plus en mesure d’empêcher l’élection d’un candidat conservateur ;
  • invite les membres de ses syndicats affiliés à participer à la marche du 5 octobre contre les politiques conservatrices.

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 467 / 221519

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Dossiers  Suivre la vie du site Débat de société   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.4 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 2