Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic (FNEEQ-CSN)
Regroupement CÉGEP des 25 et 26 août 2005

Sous le signe de la survie des cégeps en région

vendredi 2 septembre 2005

Nombreux sont les événements, nombreuses sont les analyses et les interventions publiques qui incitent les travailleurs du secteur public à se questionner sur ce qui les attend durant l’année 2005-2006. Outre les priorités locales, la négociation doit trouver conclusion cette année et tous savent qu’avec le gouvernement Charest, le défi est de taille.

Le plan d’action CSQ/SFPQ/SPGQ, prônant un règlement au printemps 2005, n’a pas donné les résultats escomptés malgré l’exercice de moyens de pression significatifs, ceci mettant en évidence l’obligation d’actions largement concertées, notamment avec le secteur de la santé, pour que les demandes justifiées qui sont les nôtres soient satisfaites. Certains d’entre vous nous voyaient déjà, dès la rentrée, en assemblée syndicale pour débattre d’un plan d’action en lien avec la négociation - peut-être même en grève craignant même d’être être convoqué-es sur ce sujet début août. Tel n’a pas été le cas, le Front commun, pour sa composante santé, étant toujours confronté au délicat problème de la reconfiguration des unités d’accréditation.

À la rentrée scolaire, les salarié-es du personnel de soutien affiliés à la CSN et à la FTQ ont exercé deux journées de grève, mandat que les syndicats détenait depuis le printemps, ceux de la CSQ ayant mené une action équivalente avant les vacances d’été. Quant aux syndicats des services de garde qui ont déjà leur mandat de grève générale illimitée, nous ne pouvons dire quand ils le mettront en application. Depuis le début août, les instances syndicales de direction du Front commun se concertent, partagent leurs réflexions et espèrent pouvoir soumettre un plan d’action aux assemblées syndicales d’ici un mois. C’est dans ce contexte que l’instance intermédiaire qu’est le regroupement cégep se réunissait à Shawinigan afin de prendre acte de l’état des négociations aux tables et tenir un premier débat sur les perspectives qui s’offrent à nous aujourd’hui. Mais à ce débat s’en ajoutaient quelques autres dont l’harmonisation professionnel/technique et le lancement de la campagne CSN pour la survie des Collèges en région.

La survie du réseau

Nous nous rappelons la lutte menée par les organisations syndicales et populaires il y a deux ans. Le Forum sur l’enseignement collégial tenu à Québec il y a 14 mois avait conduit le ministre de l’Éducation de l’époque (Monsieur Reid) à confirmer la volonté gouvernementale de maintenir le réseau sans affirmer pour autant que le régime pédagogique demeurerait ce qu’il est présentement. Et, au cœur des ajustements que souhaitaient le Ministère et la Fédération patronale des cégeps à ce régime pédagogique se retrouvait la problématique de l’harmonisation professionnel (secondaire) et technique (collégial). D’ailleurs, plusieurs projets expérimentaux en lien avec celle-ci ont été mis en place l’an dernier, sans aucun succès. C’est donc pour faire le suivi de cette question que s’est tenue récemment une rencontre entre des représentants de la FNEEQ avec Monsieur Robert Depatie, sous-ministre adjoint au secteur de la formation professionnelle et technique et à la formation continue.

Il appert que le Ministère maintient sa volonté de rapprochement professionnel/technique dans le respect, disent ses représentants, de la mission respective des réseaux. Le Ministère souhaiterait une meilleure collaboration entre ces deux niveaux d’enseignement pour des programmes apparentés et, pour ce faire,

  • recherche une meilleure articulation des programmes secondaire/collégial ;
  • s’attend à une augmentation du nombre d’étudiants passant du professionnel (secondaire) au technique (collégial) ;
  • reconnaît que l’objectif de cette approche vise une meilleure offre de services aux employeurs (via un guichet unique par exemple).

Évidemment, le gouvernement voit sans ce rapprochement le développement de pôles d’expertise facilitant la survie de programmes en difficulté (ou justifiant leur élimination en cas de résultats négatifs). Le gouvernement transigerait par les régions, pourrait créer des Écoles nationales (permettant le partage de matériel et d’expertise - le perfectionnement des enseignants, etc.). Les représentants du Ministère n’excluent pas, dans ce contexte, le développement de modules pour les études des deux niveaux.

Le TOUT alors que toutes les expériences menées l’an dernier ont échoué... Ils en ont, de la détermination, ces fonctionnaires du Ministère.

Lancement de la campagne pour la survie des collèges en région

Nous le savons, les collèges en région ont encore plus de difficultés à survivre que dans les grands centres. Un étudiant peut coûter, en moyenne, 15 000 $ à Matane et cinq fois moins à Ahuntsic, au Vieux Montréal ou à Limoilou. Et, malgré tout, dans les régions, les programmes ferment nombreux, les meds se multiplient. La FNEEQ et la CSN considèrent que les cégeps, en région, sont essentiels à la survie de celles-ci mais que ce ne sont pas les autres collèges qui doivent être « siphonnés » pour permettre l’atteinte de cet objectif de survie. Pour la CSN et la FNEEQ, le gouvernement doit injecter des ressources dans l’enseignement supéieur. Pour les organisations syndicales, le réseau collégial est une nécessité : nous n’avons plus à en faire la preuve. Les cégeps ont joué un rôle majeur dans le développement et le dynamisme des régions. Ils sont devenus des pôles culturels et économiques irremplaçables et une référence incontournable pour la population. Ils ont grandement contribué à hausser le taux de scolarisation, à diversifier et à multiplier les perspectives d’avenir de nos jeunes et moins jeunes, et ce, pour l’ensemble du territoire québécois. Le réseau reste garant d’un accès universel à l’enseignement supérieur partout et pour tous : son apport est unique. Toutefois, nous constatons que le réseau collégial se fragilise. Les cégeps en région sont menacés.

La formation de nos jeunes coûte effectivement plus cher en région que dans les grands centres. Mais le coût social d’une sous-scolarisation est pire. Il faut comprendre par ailleurs que c’est l’ensemble du réseau collégial qui a besoin d’oxygène pour faire face aux défis nouveaux qui surgissent dans le sillage de la mondialisation et de l’émergence d’une société du savoir. À ce titre, la problématique de l’accessibilité à l’enseignement collégial en région doit être vue comme l’un des chantiers majeurs, mais non exclusifs, d’un développement nécessaire du réseau collégial.

Il est faux de prétendre que le gouvernement n’a pas les moyens de réinvestir dans le réseau collégial. Des sommes dues au Québec dorment à Ottawa, et on est en droit de se demander si un effort suffisant au niveau fiscal est demandé aux grandes entreprises, qui profitent d’une formation technique et préuniversitaire de qualité dispensée par un réseau public. Le temps presse. Le gouvernement du Québec, par la voie des élus municipaux, des décideurs et de la population en général, doit être sensibilisé à la question vitale de l’enseignement supérieur en région : il faut exiger des solutions rapides et durables, qui soient partie intégrante d’une véritable politique de développement régional.

Pour nous, de même que ce n’est pas aux salariés du secteur public de se payer un programme d’équité salariale en se privant d’augmentation de salaire pour quelques années, de même ce n’est pas aux régions métropolitaines de payer pour la survie des collèges dans les régions périphériques. Le gouvernement doit respecter ses obligations et financer adéquatement l’enseignement supérieur.

NOTRE négociation sectorielle et de table centrale

La seconde journée du regroupement a permis au comité de négociation et de mobilisation de la FNEEQ [1], auquel s’étaient joints une représentante de la FEESP1 ainsi que Monsieur Louis De Garie [2], de nous communiquer les évolutions les plus récentes au niveau des négociations sectorielles et de table centrale et de débattre du cadre stratégique d’automne à présenter aux assemblées syndicales. Quelles sont les conséquences des négociations intensives CSQ-SFPQ-SPGQ du printemps dernier qui n’ont pas abouti ? Comment se situer par rapport à un gouvernement qui recherche manifestement l’affrontement et dont la mauvaise foi ne fait pas de doute - même pour les faiseurs d’opinion ? Peut-on maintenir les objectifs de notre Plan d’action pour cette négociation, adopté par nos assemblées syndicales, l’an dernier, qui établissait comme préalable à un « BON RÈGLEMENT » une action massive concertée « Santé/Services sociaux, Éducation et autres groupes du secteur public » alors que le contexte fait que les syndicats du secteur de la « Santé/Services sociaux » ne pourront sans doute pas être en grève générale illimitée avant le début décembre ? Comment faire pour que la population comprenne l’importance des retombées, sur la qualité des services publics, de nos conditions de travail ? Comment faire à cette population la démonstration que l’État dispose des ressources nécessaires pour répondre à nos demandes (soit en dégageant les fonds cachés de son propre budget - soit en exigeant des transferts Ottawa/provinces, soit en révisant le pacte fiscal, etc.) ? Vous trouverez en page 7 certains extraits d’un document déposé au regroupement faisant une brève présentation des analyses actuelles des instances du Front commun CSN-FTQ en plus de résumer l’état de nos négociations (le document complet est disponible au SPECA).

Suite à des discussions au cours desquelles des points de vue très variables furent présentés, le regroupement cégep a adopté les propositions suivantes :

  1. Perspectives CCSPP (Front commun)

Que le regroupement cégep mandate ses représentantes et ses représentants pour contribuer à l’élaboration d’un plan d’action CSN harmonisé en front commun, à être adopté par le regroupement de septembre et comportant des moyens d’action lourds, dont l’application tiendra compte de la réalité de l’enseignement collégial.

Que le regroupement cégep favorise une attitude d’ouverture face à toute possibilité d’alliance nouvelle avec d’autres forces sociales et syndicales, y compris la CSQ et le secrétariat intersyndical.

  1. Table sectorielle

Rapport des rencontres de négociation

Table FNEEQ / Fédération des cégep

Dans le cadre de la poursuite du plan d’action à l’automne 2005, que le regroupement cégep mandate le comité de stratégie pour soumettre, lors du prochain regroupement, des actions FNEEQ en lien avec la négociation aux tables sectorielles, notamment à la table FNEEQ-Fédération des cégeps.

D’ici peu, vous serez informés des réunions que l’exécutif organisera pour répondre à vos questions concernant l’état actuel des négociations et discuter avec nous des perspectives qui s’offrent à nous (soit réunion des RCD et débats midi, soit assemblée d’information, etc.). Ces débats sur la négociation ainsi que ceux concernant le recrutement devraient être au coeur de notre vie syndicale en

2005-2006 tel que l’exécutif l’indiquait lors de l’assemblée syndicale annuelle de juin 2005. Nous vous attendons donc nombreux à ces nouvelles démarches.

[1venu nous parler des débrayages du personnel de soutien des cégeps de la Fédération des employées et employés du secteur public (CSN)

[2négociateur en chef à la table centrale pour la CSN


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